L’action, dans la philosophie de tradition analytique, est devenue un objet d’investigation philosophique à part entière depuis les années 1950. La littérature sur le sujet est immense et est en lien avec divers domaines de recherche de la philosophie contemporaine : philosophie de l’esprit, philosophie de la liberté, ontologie sociale, théorie du droit, philosophie du droit pénal, éthique, théorie de la décision, sciences cognitives, etc. Le prochain Congrès de la SoPha se propose, entre autres, de réunir les chercheurs concernés par la philosophie de l’action.
Voici quelques thèmes, parmi de nombreux autres, qui pourraient susciter des présentations :
L’intentionnalité pratique. Comment comprendre l’intentionnalité pratique ? En quoi se distingue-t-elle, si elle le fait, des autres formes d’intentionnalité ? Comment distinguer intention dans l’action, intention pour le futur, planification ?
La rationalité de l’action. Quelle est la nature des raisons d’agir ? Sont-ce des états psychologiques ou des états du monde ? Doit-on opter pour les thèses internalistes ou externalistes sur le sujet ?
Le raisonnement pratique. Comment comprendre la logique du raisonnement pratique ? Quelle est la place de la théorie de la décision dans cette analyse ? Y-a-t-il une logique spécifiquement pratique ?
Faire/permettre et viser/prévoir. Permettre à un événement de se produire, est-ce la même chose que de produire soi-même cet événement ? Peut-on établir une distinction entre l’objectif visé par l’agent et les conséquences prévues de l’action, comme le fait la doctrine du double effet ? Quelles sont les conséquences éthiques de ces distinctions ?
La connaissance pratique. Comment rendre compte de la connaissance pratique, c’est-à-dire de la conscience apparemment immédiate que les agents ont des actions qu'ils sont en train d’accomplir ou qu’ils s’apprêtent à accomplir ?
Le savoir-faire. Les dispositions pratiques d’un agent, associées à son savoir-faire, peuvent-elles être expliquées en termes d’attitudes propositionnelles ou échappent-elles à cette réduction ?
L’ontologie de l’action. Quand j’incline la bouteille pour me verser un verre d’eau, existe-t-il une ou plusieurs actions ? Peut-on donner une réponse définitive concernant l’ontologie de l’action et en particulier ses critères d’identité ?
La théorie causale de l’action aujourd’hui. La théorie causale de l’action, qui est généralement acceptée, doit-elle être à nouveau contestée par les théories non causales de l’action, dans le sillage de la conception anscombienne de l’action ? Quel crédit apporter aux nouvelles théories volitionnistes, par exemple ?
La catégorie générale de l’activité/passivité. Existe-t-il des actions naturelles, comme l’action de l’acide sur le métal, du somnifère sur la vigilance, ou ce langage est-il seulement métaphorique ? Les actions humaines sont-elles catégoriellement différentes de ces actions ou ne sont-elles qu’une espèce du genre « activité » ?
L’action collective. Nous agissons parfois à plusieurs. L’action collective est-elle une simple agrégation des actions individuelles ou devons-nous lui accorder un statut spécial ?
L’action libre et la responsabilité. La rationalité de l’action garantit-elle son caractère libre ? L’action libre est-elle l’exercice non contraint d’un pouvoir de décider ? Comment comprendre aujourd’hui le débat entre compatibilisme et incompatibilisme ?
L’histoire de la philosophie de l’action. Comment s’est constitué ce champ de la réflexion philosophique que constitue la philosophie de l’action ?